-Prenez le mien.
-Mais ...
-J'ai été prévoyante vous savez, j'ai déjà regardé si nous étions compatible, nous le sommes, prenez le mien.
-Suivez-moi"
* *
L'homme se réveille, il demande un téléphone, quelque chose afin de pouvoir voir sa femme. Le medecin lui tend un bout de papier. L'homme se pose des questions mais le lit tout de même.
Mon amour, je t'aime si fort que sans toi mon coeur est mort. Je préfère qu'il batte en toi, je t'aime.
La feuille tombe à terre, les larmes lui montent aux yeux, et aucun mot ne peut sortir de sa bouche. Il regarde par la fenêtre, sa voiture est toujours là. Le medecin le laisse seul, lui n'a pas remarqué son départ. Il s'assoit sur son lit. Au bout de quelques heures, passées la tête entre les mains, il se lève et erre dans sa chambre, avec des pas lents. Il va dans le placard, prendre son manteau, et dans la poche, il y a son portefeuille, qui contient une photo d'elle. Elle avait un si beau sourire. Il voit à côté de son manteau, les vêtements de sa femme. Ils sentent encore son odeur. Elle est légère et fleurie. Elle sentait les fleurs des champs et les embruns de la mer. C'était sentir la rosée sous ses pieds nus, être allongé à la belle étoile. C'était sortir de la boulangerie et pouvoir croquer un bout de sa baguette encore chaude. C'était l'été au bord d'une rivière, c'était la douce brise le soir d'une journée de chaleur, c'était le chocolat chaud après la ballade du chien un matin d'hiver. Sa femme, c'était toutes ses petites choses simples réunies. Rien n'était compliqué, tout était simple. Et pourtant, tout était beau, et tout avait un sens. Elle lui souriait souvent, chaque matin, quand il allait au travail, et qu'elle avait des horraires plus tardives, elle lui souriait, et lui disait "bonne journée". Oui, c'était tout bête, tout simple, mais ce n'était pas le "bonne journée" que vous dites à votre épicier en sortant de sa boutique, ce n'est pas une formule de politesse qu'elle lui récitait là, c'était le fait de lui souhaiter de passer une agréable journée. Ou quand elle se levait plus tôt que lui, elle lui avait préparé son déjeuner, avec un post-it sur la brique de lait "je t'aime mon p'tit paresseux". Il a prit toute ses affaires, et il est sorti de la chambre. "Pff, t'es pas fort toi ! Regarde, moi je n'ai pas pleuré quand j'ai vu ma maman avoir une piqûre !
-tu ne comprends pas, celle que j'aime m'a donné son coeur.
-moi aussi, regarde ce qu'elle m'a fait mon amoureuse !" Le petit rouquin lui tend un autre morceau de papier, avec un coeur rouge dessiné. L'homme déboutone sa chemise, et lui dit "elle m'a donné le sien pour de vrai, ça veut dire qu'elle n'a plus de coeur pour pouvoir continuer à vivre, elle a préféré que je vive à sa place. Mais je voulais la même chose qu'elle, lui donné ma vie... Tu sais mon petit, j'ai l'impression de ne pas l'avoir comblée, j'aurai peut-être du lui dire plus souvent que je l'aimais, l'aider à débarrasser la table, remettre un rouleau de papier toilette, pendre mon manteau, éplucher les haricots, lui faire un enfant ..."
Le petit enfant était parti, et lui ne pouvait plus parler.
* *
Il rentra chez lui. Sur la route, toutes les choses qu'il voyait lui faisait penser à celle qu'il aimait... Ils avaient fait tant de choses. Arrivé devant sa porte, il hésita longuement avant de l'ouvrir. Tout sentait son odeur, tout lui projettait une image d'elle en train de faire quelque chose : de l'attendre en lisant et en buvant son thé, avec son chat sur ses genoux, en train d'apporter la salade qu'elle faisait si bien, avec ces pommes au citron, ses raisins secs, et ... Tout ça sur la terrasse sur piloti, celle qu'elle avait eu l'idée de construire, et où elle avait mis des gruilandes lumineuses dessus. Oh, et ce tapis qu'elle détestait mais qu'il avait acheté, ses étagères qu'elle avait montées avec son aide, et ce parquet qu'il avait posé, et ces fleurs qu'elle ceuillait en rentrant de son boulot. Boulot dont elle voulait changer d'ailleurs. Le téléphone sonna, il n'avait pas la force de répondre. Il était devant l'amoire de sa femme, elle santait bon. Elle achetait du thé vert au jasmin chez le chinois au bout de la rue, et elle le mettait dans des petits sachets qu'elle plaçait entre ses vêtements. D'ailleurs, elle aimait bien aller chez le chinois. Le téléphone sonna de nouveau. Il regarda ce téléphone, qu'elle avait mis dans la chambre, mais elle ralait à chaque fois qu'il sonnait, mais elle oubliait de l'enlever. Il finit par décrocher.
"Bonjour, je suis bien chez M. Mory ?
-Oui, dit-il.
-Pouvez-vous vous rendre à l'hopital Sant-Rémy ?
-Quand ?
-Le plus tôt possible.
-Je vais essayer.
-Merci, au-revoir."
Il prit sa voiture quand il eu la force. Et se rendit à l'acceuil.
"Monsieur Mory ? Dit une infirmière. Il leva la tête. Suiviez-moi je vous prie."
Elle l'amena de l'autre côté de l'hopital, devant une chambre. Avant d'ouvrir la porte, elle le regarda lentement, et finit par lui sourire.
Il entra. Il voit alors sa femme, allongée. L'infirmière, qui l'avait suivit, lui dit "elle est dans un coma partiel. Peut-être qu'elle en sortira, c'est bien votre femme ?
-Nous ne sommes pas mariés, mais c'est elle que j'aime, oui.
-Je vous laisse seul."
Il s'approcha d'elle, pleura sans s'en rendre compte, lui pris ses mains, effaça ses larmes de pluies, comme elle disait, posa sa tête contre sa poitrine, et s'endormi doucement.
Quand il se réveilla, il y avait une main sur sa tête, il eu un sursaut, et la regarda, elle dormait.
"Excusez-moi monsieur, j'ai peur de vous avoir fait une fausse joie. Mais, j'ai tout de même une bonne nouvelle : le coeur qu'elle a reçu a de grandes chances de pouvoir fonctionner. Ah, on m'apelle, au-revoir".
Il courru, prit sa voiture, et revint aussitôt, avec un gros sac. Il alla dans la chambre, et mis l'oreiller de sa femme à la place de celui de l'hopital, posa un de ses bouquets des champs sur la table, un sachet de thé au jasmin, une bougie parfumée, un voile orangé à la fenêtre, et la photo qu'elle aimait tant, celle du baiser de l'hotel de ville, de Doisneau.

![J'essaie de pousser mon caddie avec un air sexy. [merci Lisa] | photo*Marielliott](http://c7.img.v4.skyrock.net/c77/charlybaba/pics/1651887342_small.jpg)
